Entrer dans le monde du jeûne, c’est regarder notre mode de vie sous un autre angle, par la pause et non par l’action. C’est redécouvrir des choses simples en reprenant pas à pas ce processus naturel qu’est de se nourrir… pour le regarder plus intensément comme le ferait un nouveau-né qui découvre jour après jour, le monde merveilleux des aliments que la nature nous offre.

Dans un monde où tout s’accélère, jeûner est une façon de ralentir, de prendre du recul… à l’écoute de notre corps qui s’adapte.
Jeûner, c’est s’abstenir de manger d’après le Larousse. C’est-ce que nous faisons chaque nuit. Le premier repas s’appelle donc déjeuner ou breakfast, arrêt du jeûne, parce qu’on lève le jeûne nocturne en remangeant.
Instinctif, le jeûne est une compétence naturelle du corps inscrite dans nos gènes, que la faune pratique depuis la nuit des temps : l’ours, la marmotte qui hiberne, les oiseaux migrateurs qui traversent les océans, les insectes qui muent. Les grandes épreuves s’appuient sur le jeûne. Les spécialistes disent que notre corps est mieux adapté au manque de nourriture qu’à l’excès.
Avant de se lancer dans des jeûnes de quelques jours, on peut commencer par reprendre confiance dans cette aptitude et redécouvrir ces sensations. Sauter un repas dès que l’occasion se présente en mangeant juste une pomme pour couper la faim et reprendre ses activités. Faire une monodiète sur une journée comme la célèbre cure de raisin à l’automne ou la cure de riz complet chère à la macrobiotique. Puis sauter un repas en prenant une tisane ou juste un bon bouillon de légumes. Enfin, on peut progresser en pratiquant le jeûne intermittent du soir, la version qui permet d’être plus en forme et qui fait perdre plus de poids que le jeûne intermittent du matin.

La nuit, on jeûne pour éliminer les déchets et toxines de la journée, métaboliser certaines hormones, nettoyer les liquides interstitiels au repos. Donc on peut aligner son mode de vie à ce cycle diurne-nocturne, en respectant le vieux dicton : petit déjeuner de roi, déjeuner de prince et souper de pauvre. Ainsi on a plus d’énergie lors des périodes d’activité et on allège le travail nocturne : suite à un diner léger le soir, on dormira bien mieux… si on est sevré du sucre. A l’inverse, un diner copieux oblige le corps à stocker au lieu d’éliminer : allongé, sans mouvement ni effort à part un souffle léger, le corps est à son minima d’énergie pendant le sommeil. Si on prolonge le jeûne de nuit, on renforce ce travail de fond qu’est l’élimination. Donc en allégeant au fur et à mesure le diner, on aura de nouveau faim le matin et on s’inscrira dans un rythme bien plus naturel et efficace pour être en forme et perdre du poids.

On peut commencer par être végétalien le soir et renforcer le petit déj par un œuf à la coque. Puis on peut être juste frugivore avec un menu crudité-soupe-salade par exemple. Une fois stabilisé, on peut prendre juste un bouillon de légume et ainsi allonger la période de jeûne nocturne de 6h à 8h, 12h… puis aller jusqu’à 16h de jeûne par jour en concentrant les repas sur une période de 8h en 2 ou 3 prises decrescendo. Et petit à petit se détacher de la routine alimentaire pour être plus conscient de notre rythme jour-nuit : activité-nourriture-énergie, repos-jeûne-élimination. Et aller vers une sobriété, une légèreté alimentaire… pour le plus grand bien de notre santé et dynamisme.
Article publié dans la revue impact bonifiant des Kerterre N°1 – 1er trimestre 2025
